Paysages blancs, éfiloches, silences
Dans cette série introspective, j’explore la fragilité et la translucidité du papier de soie.
C’était à un moment où je travaillais essentiellement la peinture à l’huile et je me demandais ce qu’il adviendrait si je n’arrivais plus un jour à vivre de cela. Ça m’angoissait à vrai dire.
En me tournant vers le papier de soi , j’ai résolu ce problème : je pouvais créer dans une économie de moyens !!
Ces matériaux, choisis pour leur légèreté et leur capacité à jouer avec la lumière, font écho à la nature évanescente des paysages qu’ils représentent.
Entre 2011 et 2017, un dialogue artistique s’est instauré avec la poète Paule Elisabeth Oddéro. Ce travail collaboratif, mené à distance, a révélé une synergie où mes œuvres trouvaient une résonance profonde dans l’univers poétique de Paule-Elisabeth Oddéro, et vice-versa.
Les « Paysages papiers » se sont ainsi inscrits dans une démarche plus large pour moi, où la représentation du paysage, qu’il soit physique ou intérieur, est une constante.
Ces œuvres invitaient le spectateur à contempler la beauté dans la simplicité et la puissance évocatrice des matériaux les plus humbles.
Nous avons abordé tout d’abord le thème des lucioles, c’est ainsi que la lumière est entrée dans mes œuvres.
Avec Lucioles, je me suis inventé un univers tout blanc, feutré, intimiste, une sorte de cocon mat où je me suis abandonnée et où je me suis coupée des préoccupations du quotidien. Je modelais des formes étranges de papier et y ajoutais des éléments puisés dans mon magasin personnel préalablement travaillés tels qu’assemblages papier/fils, cotons crochetés, billes de papier etc.
Le détissage de la tarlatane est un rituel apaisant que j’ai pratiqué en dehors de l’atelier. Je coupais ces fils, les classais par taille … Un véritable magasin apparut ! La matière était là.
Je réalisais ce que je nommais les « pièces détachées », un inventaire des directions prises avec cette tarlatane. Elles ont été exposées lors de « Poètes, vos papiers » exposition personnelle au Musée du papier de Laakirchen en Autriche, en 2016
Ces fils de tarlatane ont par la suite rejoint des œuvres plus grandes , en 2016 au Musée du papier de Laakirchen en Autriche ( DIE MUTTER , 250x150x120cm) et à L’Espace Dagron d’Auneau St Symphorien , lors de l’exposition collective Nubicola, en 2017 (NUBICOLA , 150x180x120cm)
Die Mutter
papier de soie, tarlatane, leds, environ 250x150x120cm)
Exposition personnelle « Poètes, vos papiers » Musée du papier , Laakirchen, Autriche (2016)
En 2017, à l’Espace Dagron d’Auneau, Die Mutter devient paysage : c’est NUBICOLA, du nom botanique qui signifie « qui pousse en haut des montagnes » .
Nubicola, paysage papier/textile 150x180x120cm










