Nathalie Leverger

 

Le paysage comme expérience vivante

Depuis vingt ans, je compose une transcription des paysages que je traverse. Ces lieux persistent en moi comme forces sensorielles — détails, traits, matières, gestes, sons — plutôt que comme panoramas. En conséquence, mes productions ne décrivent pas un territoire à proprement parlé, elles en montrent des indices: traces, vides, couleurs, condensations, gestes, tensions, accumulations. 
Pour cela, j’utilise différentes pratiques et en déplace les usages. Ainsi le fil érige des immeubles (Architectures & Signes, en cours) , le verre soufflé se balance tel un champ de fleurs  (Jardins Secrets, depuis 2022),  le crochet répare (Pêcheries et Ramende tes filets mon père, 2011/2021), les origami comptent les morts des migrants en Méditerranée ( Je me plie au vent de cette histoire, 2014/2017) …
Chaque pratique laisse une part très importante au hasard et aux erreurs — froissements, décalages, griffures, accrocs, fragilités. Je cultive délibérément des espaces de surprise, laissant aux matériaux, aux techniques, au contexte, la possibilité d’intervenir dans le processus créatif. La matière n’est en effet pas pour moi un simple support : elle agit, oriente, suggère, répond à mes gestes, et fait naître des agencements imprévus. Elle fait sens autant sinon plus que la représentation. 
Mon travail questionne ainsi les frontières entre le réel et sa représentation. J’invite à regarder autrement un paysage qui travaille, se défait et se recompose au fil des gestes et des hasards.
Resilles dessin cousu sur papier chiffon 
31,5x45cm / 50x65cm
Architectures & signes, en cours
IMG_1887
L'envers du décor, 2024
verre soufflé
Jardins secrets, depuis 2022
figuiers à Nauplie
Camus et moi, 2021-2022
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Noir Bleu, 2020-2022
crochet
Ramende tes filets mon père, 2021
ouessant la côte
Ouessant, 2018-2022
Casa del Cable Espagne 2018
Je me plie au vent de cette histoire, 2014-2017

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